
Sommaire
- Ce que disent les textes nationaux : très peu
- Félicitations ou félicitation, mise en garde ou avertissement : les mots exacts
- Les seuils de moyenne : deux chartes, deux règles
- Attribuer équitablement : les pièges à connaître
- Formulations pour accompagner la mention dans l'appréciation générale
- Expliquer la règle avant le conseil, pas après
- Questions fréquentes
À retenir
- La circulaire n° 2011-112 du 1er août 2011 permet aux règlements intérieurs de prévoir des « encouragements », des « tableaux d'honneur » ou des « félicitations » ; elle ne fixe aucun seuil.
- Les compliments ne figurent dans aucun texte national : ils existent quand le règlement intérieur ou la charte des conseils de classe les prévoit.
- Le conseil de classe peut mettre en garde un élève, mais il ne peut pas prononcer d'avertissement, qui est une sanction disciplinaire (circulaire n° 2014-059 du 27 mai 2014).
- « Félicitations » s'écrit au pluriel dans ce sens, comme dans « les félicitations du jury ».
- Une mention n'est équitable que si ses critères sont écrits, connus avant le conseil et appliqués de la même façon dans toutes les classes.
Au conseil de 4e A, une élève a 15,8 de moyenne et la charte du collège fixe les félicitations à 16. Un collègue propose d’arrondir, un autre rappelle que le dernier DM n’a pas été rendu. La discussion dure dix minutes, et dans la salle d’à côté, un cas identique sera tranché autrement.
Ces mentions semblent si installées qu’on les croit fixées par le ministère. Elles ne le sont pas, et c’est précisément ce qui oblige chaque établissement à écrire ses propres règles, puis à les appliquer de la même façon dans tous les conseils.
Ce que disent les textes nationaux : très peu
Le texte national de référence est une circulaire sur le règlement intérieur des établissements, la circulaire n° 2011-112 du 1er août 2011. Dans sa partie consacrée aux « mesures positives d’encouragement », elle indique que les règlements intérieurs « peuvent prévoir un système de récompense » pour prendre en compte les efforts des élèves, et cite en exemple l’attribution d’« encouragements », de « tableaux d’honneur » ou de « félicitations ».
Trois conséquences découlent de cette rédaction. Les mentions sont facultatives : un règlement intérieur peut les prévoir, il n’y est pas tenu. La liste n’est qu’un exemple : les compliments n’y figurent même pas. Et aucun seuil de moyenne n’est fixé, ni pour les félicitations ni pour les autres mentions. Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 1er février 2011 le disait déjà : ce système de récompense est défini par chaque établissement, en relation avec son projet pédagogique.
Le règlement intérieur étant voté en conseil d’administration, c’est là que se décident l’existence des mentions et leurs critères, souvent détaillés dans une charte des conseils de classe. Certains établissements y ont d’ailleurs renoncé : en 2016, un député interrogeait le ministère sur des collèges dont le conseil d’administration avait supprimé ces mentions. La question est restée sans réponse avant la fin de la législature.
Où trouver la règle de votre établissement ? Dans le règlement intérieur, et le plus souvent dans une charte des conseils de classe qui le complète. Si rien n’est écrit, demandez à la direction de fixer les critères avant le premier conseil de l’année, pour que chaque salle n’invente pas les siens.
Félicitations ou félicitation, mise en garde ou avertissement : les mots exacts
« Félicitations » s’écrit au pluriel. Le Dictionnaire de l’Académie française présente le mot comme « généralement au pluriel » et donne l’exemple d’un examen réussi « avec les félicitations du jury ». Les autres mentions suivent le même usage : les compliments, les encouragements, le tableau d’honneur, une mise en garde, des mises en garde.
La distinction qui compte le plus est ailleurs : le conseil de classe peut alerter un élève, il ne peut pas le sanctionner. La circulaire n° 2014-059 du 27 mai 2014 sur les sanctions le dit en toutes lettres : le conseil « peut éventuellement “mettre en garde” l’élève mais il ne peut prononcer d’avertissement ». L’avertissement est la première sanction de l’échelle disciplinaire fixée par le Code de l’éducation. Il est prononcé par le chef d’établissement, par écrit et motivé, et porté au dossier administratif de l’élève. Inscrire « avertissement travail » sur un bulletin revient donc à prononcer une sanction sans la procédure qui l’encadre.
| Mention | Ce qu’elle reconnaît dans les chartes que nous avons consultées | Ce qu’en dit un texte national |
|---|---|---|
| Encouragements | L’effort et l’investissement, même quand les résultats restent modestes | Cités en exemple par la circulaire de 2011, sans critère |
| Compliments | De bons résultats et une attitude positive face au travail | Aucun texte national |
| Tableau d’honneur | De bons résultats, entre les encouragements et les félicitations | Cité en exemple par la circulaire de 2011 |
| Félicitations | L’excellence des résultats et de l’attitude face au travail | Citées en exemple par la circulaire de 2011, sans seuil |
| Mise en garde (travail, comportement, assiduité) | Une alerte, sans valeur de sanction | La seule forme d’alerte que la circulaire de 2014 reconnaît au conseil |
| Avertissement | Rien : le conseil ne peut pas le donner | Une sanction disciplinaire, qui relève du chef d’établissement ou du conseil de discipline |
Les seuils de moyenne : deux chartes, deux règles
Puisque rien n’est fixé nationalement, les seuils varient d’un établissement à l’autre. Deux chartes de conseil de classe publiées en ligne par des collèges suffisent à le montrer.
| Critère | Un collège de l’académie de Versailles (2025-2026) | Un collège de l’académie de La Réunion |
|---|---|---|
| Mentions prévues | Encouragements, compliments, félicitations | Encouragements, tableau d’honneur, félicitations |
| Félicitations | À partir de 16 de moyenne générale (de 15,5 à 16 « à discuter »), comportement irréprochable, au plus une moyenne sous 10 | 16 de moyenne générale ou plus, aucune moyenne sous 10, aucune opposition d’un enseignant |
| Mention intermédiaire | Compliments à partir de 14 (de 13,5 à 14 « à discuter »), mêmes conditions | Tableau d’honneur entre 14 et 16 de moyenne ; l’opposition d’un enseignant l’écarte |
| Encouragements | Engagement significatif dans le travail même avec des résultats modestes, ou comportement nettement amélioré | Engagement significatif dans le travail, même avec des résultats modestes |
| En 6e | Critères exprimés en niveaux de maîtrise plutôt qu’en moyenne | Pas de règle particulière |
| Mises en garde | Conduite, travail, assiduité (à partir de 10 demi-journées d’absence injustifiée ou de 10 retards) | Travail, comportement, ou les deux |
Le même 16 n’ouvre donc pas les mêmes portes. Dans le premier collège, un comportement irréprochable est exigé ; dans le second, c’est l’absence d’opposition d’un enseignant qui compte. Un élève à 15,7 peut obtenir les félicitations après discussion dans l’un, jamais dans l’autre. Les deux règles sont légitimes, puisque chaque établissement fixe les siennes ; ce qui importe, c’est qu’elles soient connues et appliquées de la même façon dans toutes les classes.
Attribuer équitablement : les pièges à connaître
S’en tenir à la moyenne générale
La moyenne paraît objective, mais elle dépend du nombre d’évaluations, de leur difficulté et des habitudes de notation de chaque collègue. Un 16 calculé sur trois notes par matière ne pèse pas comme un 16 calculé sur huit. Les fourchettes « à discuter » de certaines chartes reconnaissent cette fragilité : elles permettent au conseil de regarder au-delà du chiffre, à condition de dire sur quoi il s’appuie, qu’il s’agisse d’une progression nette, d’une compétence maîtrisée ou d’une matière en retrait.
Mêler comportement et travail
La circulaire de 2014 demande de distinguer l’évaluation du travail scolaire et le comportement de l’élève. Certaines chartes conditionnent pourtant les félicitations à un comportement irréprochable. Ce n’est pas interdit, puisque chaque établissement fixe ses critères, mais le risque existe : refuser une mention pour un fait de conduite revient à sanctionner sans le dire. Si votre charte mêle les deux, demandez que le motif soit nommé en séance et repris dans l’appréciation. Si elle les sépare, la mise en garde sur le comportement permet de traiter la conduite à part, sans toucher à la reconnaissance du travail.
Le veto d’un seul enseignant
Certaines chartes prévoient qu’une opposition d’un enseignant suffit à écarter une mention. La règle protège contre une mention donnée à la légère, mais elle confie à une seule voix le pouvoir de trancher. Une précaution simple limite l’arbitraire : l’opposition est motivée par un fait lié au travail dans la matière, dit en séance, et l’élève peut le lire dans son bulletin.
Des encouragements pour tous, ou pour personne
Les encouragements récompensent un effort, pas un niveau. Accordés à la moitié de la classe, ils ne signifient plus rien ; jamais accordés aux élèves les plus fragiles, ils manquent leur raison d’être. Des critères observables aident à trancher : devoirs rendus, progression sur une compétence précise, investissement en AP. Ils ont l’avantage de se vérifier d’un conseil à l’autre.
Deux classes, deux poids
Un même niveau peut compter cinq conseils, présidés par des personnes différentes, avec des équipes qui n’ont pas la même culture de la mention. D’où l’intérêt d’une préparation commune : le professeur principal arrive avec la liste des élèves qui remplissent les critères écrits, et la discussion porte sur les cas limites plutôt que sur la règle.
Formulations pour accompagner la mention dans l’appréciation générale
La mention tient en un mot ; l’appréciation générale dit pourquoi, et ce qui reste à viser. Les formulations suivantes sont écrites sans prénom ni marque de genre.
Félicitations
Félicitations pour un trimestre remarquable : des résultats excellents dans toutes les disciplines et une méthode de travail sûre. Pour aller plus loin, oser davantage la prise de parole en langues vivantes.
Compliments
Compliments pour des résultats solides et réguliers. Les sciences restent un peu en retrait : la rédaction des réponses en physique-chimie est le point à consolider au prochain trimestre.
Encouragements
Encouragements : les efforts de ce trimestre sont nets, avec des devoirs toujours rendus et des progrès visibles en rédaction. Les résultats suivront si ce rythme se maintient.
Mention non retenue malgré la moyenne
Des résultats de très bon niveau. Le conseil n’a pas retenu les félicitations en raison de deux devoirs non rendus en physique-chimie ; elles restent à portée au prochain trimestre.
Mise en garde sur le travail
Mise en garde sur le travail : quatre devoirs non rendus et des leçons non apprises dans plusieurs disciplines. Un rendez-vous avec le professeur principal est prévu avant les vacances pour fixer des objectifs précis.
Mise en garde sur le comportement
Mise en garde sur le comportement : les bavardages répétés empêchent la classe de travailler dans plusieurs cours. Au deuxième trimestre, il est attendu d’écouter les consignes et de demander la parole avant d’intervenir.
Dans chaque cas, la mention s’appuie sur un fait et ouvre sur la suite. Les encouragements, en particulier, gagnent à nommer le progrès : « des progrès visibles en rédaction » dit à l’élève ce qui a été vu, là où « bon trimestre » ne dit rien. C’est l’une des raisons pour lesquelles Margou.ia part des compétences et de la tendance du trimestre pour proposer une appréciation générale : les progrès y apparaissent par compétence, et vous relisez et modifiez la proposition avant tout enregistrement (voir l’article d’aide). Pour d’autres formulations, classées par profil d’élève, voyez nos 120 exemples d’appréciations.
Expliquer la règle avant le conseil, pas après
Une mention refusée est mieux acceptée quand la règle était connue. Le professeur principal peut présenter les critères en heure de vie de classe dès le premier trimestre, et les délégués des élèves les rappeler à leurs camarades. Les délégués des parents, qui siègent au conseil, gagnent à les avoir lus avant la séance.
Quand une famille conteste, la réponse tient en deux temps : la règle écrite, puis le fait qui a compté. « Le conseil a suivi la charte » ne suffit pas si personne ne peut dire sur quel point. Ces mentions n’entrent dans aucun calcul d’examen ; elles comptent pour l’élève, ce qui justifie le soin mis à les attribuer.
Le déroulé complet de la séance, la place des délégués et la préparation du professeur principal sont détaillés dans notre guide du conseil de classe. Pour le cas particulier du premier bulletin de l’année, voyez quoi écrire au 1er trimestre.
Questions fréquentes
Quelle moyenne faut-il pour avoir les félicitations ?
Il n’existe pas de seuil national. Chaque établissement fixe le sien dans son règlement intérieur ou dans une charte des conseils de classe : on trouve par exemple 16 de moyenne générale, avec des conditions supplémentaires sur les autres moyennes ou sur le comportement. Seul le document de votre établissement fait foi.
Faut-il écrire félicitation ou félicitations ?
Au pluriel. Le Dictionnaire de l’Académie française présente le mot comme « généralement au pluriel », avec l’exemple d’un examen réussi avec les félicitations du jury. On écrit de même les compliments, les encouragements, une mise en garde et des mises en garde.
Le conseil de classe peut-il donner un avertissement ?
Non. La circulaire du 27 mai 2014 sur les sanctions le rappelle : le conseil peut éventuellement mettre en garde un élève, mais il ne peut pas prononcer d’avertissement. L’avertissement est la première sanction de l’échelle disciplinaire ; il est prononcé par le chef d’établissement, par écrit et motivé.
Un seul professeur peut-il bloquer les félicitations ?
Cela dépend de la charte de l’établissement : certaines prévoient qu’une opposition d’un enseignant suffit à écarter la mention. Dans ce cas, mieux vaut que l’opposition soit motivée par un fait lié au travail, dit en séance, pour que l’élève et sa famille puissent comprendre la décision.
Les mentions du conseil de classe comptent-elles pour le brevet ?
Non. Le brevet a ses propres règles de calcul et ses propres mentions, fixées par la réglementation de l’examen. Les félicitations ou les encouragements du conseil de classe restent une reconnaissance interne à l’établissement.
Sources
- Circulaire n° 2011-112 du 1er août 2011, Le règlement intérieur dans les établissements publics locaux d'enseignement (BO spécial n° 6 du 25 août 2011), § 2.5
- Assemblée nationale, question écrite n° 86094 et réponse ministérielle (JO du 1er février 2011)
- Circulaire n° 2014-059 du 27 mai 2014, Application de la règle, mesures de prévention et sanctions (BO n° 22 du 29 mai 2014)
- Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, article « félicitation »
- Exemple de règle locale : charte des conseils de classe 2025-2026 d'un collège de l'académie de Versailles
- Exemple de règle locale : charte de conseil de classe d'un collège de l'académie de La Réunion



